Au passage(r)
Pour une première visite au sujet de la maladie de Devic, je vous invite à commencer par le début et de remonter les articles dans ce chapitre car cette partie du blog est conçue sur le mode du roman. (Ce sera plus compréhensible)
Chez fée des agrumes
Pour une première visite au sujet de la maladie de Devic, je vous invite à commencer par le début et de remonter les articles dans ce chapitre car cette partie du blog est conçue sur le mode du roman. (Ce sera plus compréhensible)
Au gré des transports en ambulance, VSl et taxi, j’ai souvent croisé Rachel.
Elle me connut au début de la maladie, aux pires instants et nos chemins s’éloignèrent jusqu’à ce que je la retrouvasse il y a quelques mois par le taxi en transport pour le travail (ben oui, la médecine du travail refuse que je conduise : trop fatigant pour moi a dit le médecin –conseil).
Elle me tutoya naturellement et je fus ravie de la retrouver tout comme elle le fut de me voir sur mes deux jambes, à meilleure vue et pleine de la chance de vivre. Au fil des conversations et des transports, elle apprit que je déménageais. Alors que je décrivais l’état de l’appartement, elle se proposa spontanément pour m’aider. Evidemment, j’acceptai, les bras volontaires étant les bienvenus.
Je m’étonnai de ne pas culpabiliser d’offrir des travaux à ceux- là qui en avaient déjà tant dans leur propre vie. J’y pensais, sans y réfléchir et la réponse me vint rapidement : « Si Rachel se propose pour m’aider, cela dépend d’elle, je n’ai pas à en être. Peut être que dans nos rencontres successives, je lui ai apporté quelque chose et elle a envie de me le rendre. »
Apparemment, d’ailleurs, je l’avais marquée et elle me rappela cette expédition à Strasbourg en décembre 2006.
J’étais dans de telles souffrance et errance que je ne souviens plus exactement de qui nous y avaient conduit en ambulance couchée. Rachel en était et elle n’en avait rien oublié.
Elle me raconta comment elle avait été impressionnée par ce sourire immanquablement inscrit sur le visage tous ces mois de dégringolade physique. Ce jour-là, pourtant, en partance pour la rencontre avec ce grand professeur, je ne souriais pas ; elle avait lu l’anxiété en moi et se souvenait de ces mots que moi- même j’avais oublié : « C’est ma dernière chance de m’en sortir » avais- je dit au départ de la maison. Elle avait ressenti la tension tout le long du trajet.
Puis, elle évoqua, la joie dans la voix, comment j’étais ressortie le sourire aux lèvres de cette consultation clamant : « J’ai enfin trouvé quelqu’un qui saura me prendre en charge correctement ! Maintenant, je peux entrevoir l’avenir. ! »
Les semaines suivantes furent particulièrement atroces et m’acculèrent à des extrémités où la mort me paraissait parfois la seule réponse à mes souffrances, néanmoins, en cet instant, j’étais dans l’espoir.
J’eus plaisir à entendre ce récit de Rachel en autre témoin de cet épisode passé. Parce qu’il me permet de retrouver des sensations connues en ces circonstances si étranges, je prends la mesure de mon désarroi et la force de cet espoir qui me chevillait le corps.
Que de chemin parcouru dans la souffrance et la libération depuis !
Comme elle s’y était engagée, Rachel débarqua chez moi un samedi après midi pour m’aider alors qu’elle finissait une semaine de 60h sur les routes. Il m’était tout naturel de la recevoir dans mon capharnaüm, elle fut toute à son aise de s’y trouver.
C’est véritablement une rencontre délicieuse, un coup de baguette magique du destin… comme tant d’autres reçus ces dernières années.
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