Au passage(r)
Pour une première visite au sujet de la maladie de Devic, je vous invite à commencer par le début et de remonter les articles dans ce chapitre car cette partie du blog est conçue sur le mode du roman. (Ce sera plus compréhensible)
Chez fée des agrumes
Pour une première visite au sujet de la maladie de Devic, je vous invite à commencer par le début et de remonter les articles dans ce chapitre car cette partie du blog est conçue sur le mode du roman. (Ce sera plus compréhensible)
Mon garçon est parti chez sa mémé pour le weekend, je n’ai pas envie de peindre ni de ranger, je traîne.
Je me suis fait plaisir pour le repas avec une poêlée aux gésiers de canard, lardons, pommes de terre haricots verts et pignon de pin sur une laitue au vinaigre de framboise, petit repas dégusté en conscience. Je me promène sur le net dans le pratique et le vague tout en écoutant quelques musiques envoûtantes. Ce décor n’a pas grande importance parce que l’essentiel est à l’intérieur.
Ce soir, je me promène au gré des ressentis émotionnels et corporels grâce aux expériences des derniers mois. Je divague et louvoie à vue sur mes tensions dans la nuque, le dos, les jambes, j’enrobe ma vessie de compassion, je laisse passer les émotions en constatant néanmoins que le creux de mon être ne se démonte pas ... Comme si je regardais passer ces travers de l’âme de loin.
A cet horizon, j’ai connu colère, tristesse et renoncement : une altercation avec Stéphane m’a ramenée à ces impasses où j’étais cloitrée. J’en suis sortie, certes, j’ai besoin de temps pour me dépêtrer de ces engluages surtout quand les circonstances me ramènent à ces voies malsaines où je me suis engagée inconsciemment autrefois.
Triste parce que je mesure plus chaque jour son enfermement. Il s’y plait, c’est rassurant et connu, comment pourrais-je intervenir dans sa vie ? Cela relève de son parcours et de sa responsabilité.
Colère parce toutes ces années passées avec lui me laissent un goût amer de possibilités ratées, rejetées ; toute une trentaine mise au pilori avec déjà trois années de maladie en aboutissement atroce d’un désespoir devant ses peurs.
Le renoncement en bouquet final simplement parce que je me sais impuissante à changer quoi que ce soit, c’est à lui de cheminer. Mon cœur se pince quand connectée à lui, je ressens ses tiraillements internes, ses frayeurs et sa propre colère envers lui-même parce qu’il est incapable de prendre une décision.
Au plus fort de l’altercation, je m’étonnai de mon calme intérieur, de ma capacité à me camper solidement
devant ses sursauts de colère à la père Goriot. Seul le corps en deux temps m’a ramené à ces trop pleins : des larmes coincées dans la gorge qui sitôt senties ont disparues et
l’imminence d’une fuite qui finit en brûlure dans la précipitation aux toilettes ; la culpabilité de ma mère qui se ronge les sangs, les tentatives du fiston de calmer le jeu (pourtant
qu’est- ce qu’il est colérique et hurleur celui- là à ses heures de crise !).
Dans les heures suivantes, j’ai appliqué la CNV, benoitement tant avec Stéphane qu’avec ma mère, aucune autre voie n’avait de sens dans ce contexte. Et j’ai été empathique avec moi- même.
Laisser passer les émotions, les tourments, écouter las tensions du corps, les accepter pour les défaire et ne pas me réfugier dans la fuite soit par l’abrutissement ou le travail physique en tentant des travaux hors de ma portée.
Puis lâcher, lâcher prise.
Finalement mesurer le calme qui m’habite. Malgré tout, je ne me culpabilise plus, je ne me torture plus, je ne me punis plus, j’accepte les responsabilités de chacun. Rester chez soi. Totalement.
Il en est fini des chimères et des travers d’autrefois ; désormais, je vis pleinement. Pensée pour tous ceux jalonnant ce parcours et ma reconnaissance, ma gratitude à leur égard.
Car je le sais, je ne peux rien faire hormis penser à moi, mon fiston (et là, j’ai du pain sur la planche !!). Je pose des limites claires en répétant mes ressentis, les raisons de mon départ, l’horreur du flou, des incertitudes et surtout des ingérences de son histoire familiale, du poids de sa peur atroce de déplaire à ses parents. Ce qu’il en fait est de sa responsabilité, je ne suis pas coupable.
Aussi facile qu’il soit de me cataloguer dans la série méchante, je sais que je ne suis qu’un messager de feu à l’éclairage insupportable pour qui veut fuir. Dans le lâcher prise, cela aussi, je l’accepte pour ne cheminer que sur ma propre voie, sans juger ou préjuger de celle d’autrui.
J’ai cru mourir il y a trois ans alors franchement, je ne vais pas m’encombrer inutilement avec les aléas des autres, ne me reste que la compassion pour lui, sincèrement. Qu’il me traite de méchante, cela ne m’atteint pas, je sais qu’il se protège et protège son système ; je suis dans une autre dimension, j’ai d’autres expériences merveilleuses à vivre, ici, maintenant, demain, ailleurs. Je me suis réveillée, je suis libre.
et cette chanson en écho qui tourne depuis plusieurs minutes... le
hasard
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